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atelier 07-08
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
10.02.2008
Dernière mise à jour :
15.05.2009

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Christine : Début et fin imposés

Publié le 15/05/2009 à 10:17 par synonymes
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Histoire de Cigale.

« Don de soi, qu’auriez-vous à en dire ? Vaste sujet, matière à s’exprimer, à s’ouvrir à autrui, mots qui interpellent, qui interrogent ». Pour la centième fois, Cigale vient de se faire apostropher par dame Fourmi, sa voisine, qui lui reproche sa paresse, son manque de projets, sa légèreté insouciante. « Que feras-tu de ta vie ? Comment pourras-tu t’insérer dans la société si tu ne te mets pas au travail maintenant ? » Et cette réponse lui a échappé, par provocation. Fourmi est désarçonnée. Cigale pousse son avantage, sans trop savoir où elle va : « Vous ne me faites pas rêver avec votre vie de travail. Que faites-vous de la gratuité, de l’attention aux autres, de l’art ? Voilà le destin que je me choisis, moi ! »

Grillon, le petit frère, a surpris l’échange. Le voilà très impressionné par sa grande sœur. « Alors, Cigale, tu veux vivre pour aider les autres ? Comme je t’admire ! Par quoi vas-tu commencer ? »
Cigale ne s’attendait pas à être si vite mise en demeure de s’exécuter. Mais elle ne peut décevoir le petit Grillon. Vite, il faut trouver un beau sacrifice à accomplir.

Mais le don de soi, si l’on veut en faire un spectacle, une œuvre d’art, ça n’est pas si simple à trouver. Il y a bien la pauvre cousine Sauterelle, avec ses treize enfants et son retard de ménage, mais qui interpelle-t-on en allant balayer la maison d’une Sauterelle ? Il y a bien la petite Coccinelle, qui regarde avec envie les boucles d’oreilles de Cigale, mais si elle distribue ses rares bijoux, que lui restera-t-il pour mettre en scène son sacrifice ?
Que peut-on donner lorsqu’on ne travaille pas ? Voilà Cigale bien dépourvue…

Quand la bise fut venue, une occasion se présenta pourtant : Hanneton allait célébrer ses noces avec Libellule, il rêvait d’un concert pour clore la fête, mais Criquet, son musicien préféré, était en tournée. Cigale accepterait-elle de chanter pour lui ?

Le destin frappait à la porte. Cigale aurait ainsi l’occasion de monter sur une scène, de se faire entendre par un vrai public, de commencer une carrière, peut-être. Pour montrer à Grillon que c’était bien un « don », elle offrit de chanter gratuitement. Et attendit le grand jour, rassurée sur son compte.

Le temps passa. La fête approchait. Tiens, qu’allait-elle chanter ? Bah, on verrait bien ! Elle se savait douée, elle improviserait. En attendant, il y avait toujours à s’amuser, et Fourmi n’osait plus le lui reprocher.

Un soir, Hanneton l’interpella : « Tu es prête, pour demain ? » Tiens, demain, déjà ? Embêtant, elle avait mal à la gorge… Oh, cela passerait dans la nuit, sûrement !

La fête du lendemain se déroula dans une légère tension pour Cigale . Mais elle repoussa cette petite peur encombrante, et tenta de se distraire avec le charmant Bourdon, particulièrement galant ce jour-là. Enfin, il fallu bien monter sur scène. Cigale s’arma de ses atouts habituels : la provocation, la gaité, le charme, la chance…
Mais le public attendait.

Elle ouvrit la bouche, sans idée précise… Rien ! Et l’on devine la suite… Elle finit par émettre un grincement déchirant, ce qui ressemblait à un cri de souffrance, un aveu d’échec et d’impréparation. Las, le voilà, ce don de soi ! Le petit Grillon la dévorait de ses grands yeux horrifiés.

L’hiver s’annonçait, mais une subite inspiration vint finalement à Cigale, une ultime pirouette. Renonçant aux grands mots, aux sacrifices, à autrui, et cachant sa déconvenue, elle s’écria dans un éclat de rire: « Bien le bonjour à tous ! Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain ! ».
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Sylvie : Photo de rue 2

Publié le 13/02/2009 à 12:00 par synonymes
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Les jambes sans la tête

Oh, c’était il y a quelques temps déjà. Là, vous voyez sur cette photo nos jambes de femmes. Oui, j’ai bien dit des jambes avec des collants, des jolies chaussures, enfin quoi, des femmes d’un autre temps. Pensez donc en 2009, on ne s’habille plus comme cela nous la gente féminine. Bon passons.

Alors nous sommes là sur le trottoir à attendre avec apparemment un ou deux messieurs, car eux ils ont des pantalons, des vrais, pas des jeans et des chaussures de ville. Non pas des Converse, des mocassins. Nous attendons tous l’autobus qui va nous mener à une exposition au Louvre, avec le Club des Hirondelles. Ah,voilà le 21 qui arrive, nous montons, donnons nos tickets au receveur. Quelques minutes de chemin et nous voilà au Louvre.

La responsable du Club es Hirondelles se précipite à la Caisse, règle nos tickets et s’enquiert du guide, car nous sommes venus pour nous cultiver. Pas seulement pour papoter avec Jacqueline ou Suzanne. Eh, là, surprise, surprise, comme on dit maintenant, le guide est aveugle. Comment, est-ce possible, un guide aveugle et au Louvre en plus ? Je vois bien que tout le groupe est contrarié, les services d’un guide ne sont pas gratuits et nous ne voyons pas, si je peux dire, pourquoi nous aurions un guide aveugle.

Bon. Il présente. Il s’appelle Fabien, il a 34 ans, est passé par les Beaux-arts, a servi de guide au Musée du Prado pendant 2 ans puis au Louvre pendant 2 ans encore. Il a malheureusement eu un accident de moto l’année dernière qui lui a coûté la vue, pas la vie. Grâce à la DRH du Louvre, il peut continuer à nous distiller la bonne parole, puisque le musée il en connaît toutes les salles, tous les recoins, tous les bruits, les odeurs et les emplacements des tableaux. Il nous demande simplement de ne pas le bousculer et de l’écouter bien attentivement. Sur ce, il avance vers la Venus de Milo en tâtonnant avec sa canne, grimpe les marches allègrement, se retourne et nous fait un geste cordial de la main pour nous inviter à le suivre. Nous nous regardons un moment un peu ébahis et puis nous le suivons.

Je vous passe le détail de la visite qui se déroule fort bien. Fabien est un érudit et sent quand l’un de nous veut lui poser une question. Il y répond toujours courtoisement et sans suffisance. C’est vraiment un régal. Qui aurait pu croire quelques heures auparavant que nous ferions une telle rencontre dans un tel lieu. Et nous arrivons dans cette grande salle où se trouve la Reine du Louvre et de tous les musées nationaux et internationaux, vous avez deviné, nous arrivons devant la Joconde toujours aussi pince sans rire comme vous le savez.

Personnellement je n’attends pas grand chose du commentaire de Fabien, parce que la Joconde, réellement, je commence à avoir un peu tout lu et tout entendu sur cette jeune personne qui ne sait même pas sourire. C’est vrai que cela ne devait pas être très drôle de poser pendant des heures. Même pour Monsieur Da Vinci. Et en plus il ne fallait pas se montrer trop aimable, car le mari de la dame venait souvent surveiller, et le modèle et le peintre.

Bon, enfin, j’écoute un peu distraitement le gentil Fabien puis soudainement une rumeur arrive derrière nous. Un brouhaha sans nom, des cris, une course dans la salle dans notre direction et, oh ! stupeur, nous voyons apparaître un homme déguisé en Mona Lisa ! Nous sommes atterrés. Comment peut-on faire une chose pareille ? Comment a-t-il fait pour se déguiser ? Comment a-t-il pu échapper aux trois gardiens qui le coursent dans la salle.

Fabien se met à crier un peu plus fort que le fou car lui, le pauvre, il ne voit pas et aimerait bien qu’on lui dise ce que veut dire tout ce chahut, ce tohu bohu. Il commence à paniquer car il perd tous ses repères. Suzanne se faufile près de lui, lui prend la main et lui glisse à l’oreille l’horrible nouvelle. Un fada s’est accoutré en Joconde et n’entend pas se laisser emmener par les gardiens qui sont pourtant de beaux costauds.

Les visiteurs se mettent à prêter main forte aux gardiens. C’est l’agitation générale, le trouble troublant, la confusion. On finit par ne plus savoir qui est qui, qui est quoi et la sirène d’alarme retentit enfin. Cela calme un peu les esprits. Le conservateur du musée accompagné de six policiers se fraye un chemin jusqu’à l’intrus. On maîtrise enfin l’importun, le gênant, l’embarrassant personnage. On le menotte, puis sans ménagements, toute cette troupe l’enlève à nos regards et à notre consternation.

Ouf, il est parti ! Chacun, visiteurs, gardiens, guide reprend son souffle, essaie de se calmer, de digérer l’incongruité de la farce et de se remettre à ses occupations. Ce n’est pas chose facile. Nous sommes un peu désemparés, hébétés, ennuyés. Nous essayons de faire bonne figure.

Le conservateur revient alors près de nous, près de sa chouchoute la Joconde et comme si nous n’étions pas là, comme s’il était seul dans la pièce le voilà qui s’adresse à Mona Lisa en lui demandant pardon pour tout ce trouble. Il lui dit qu’il est désolé, que cela ne se reproduira plus, que les gardiens seront plus vigilants à l’avenir afin que la tranquillité de son altesse ne soit plus troublée.

Fabien notre guide aveugle, n’en croit pas ses oreilles. Il se demande qui est le plus fou le déguisé ou le conservateur. Va savoir. Ah, la Joconde, si tu n’existais pas, il faudrait t’inventer.
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Sylvie : Photo de rue 1

Publié le 13/02/2009 à 12:00 par synonymes
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Où sont les têtes

Ouf ! Ca y est, me voici avec d’autres personnes, surtout des dames, en train d’attendre l’autobus. La journée de travail est enfin finie. Je vais rentrer à la maison et retrouver mon petit mari, mon nid douillet et mes pantoufles. Je vais nous préparer une bonne salade de maïs avec le restant de poulet d’hier soir, une tomate, un peu de mayonnaise, quelques cubes d’emmental, trois feuilles de salade et hop, nous pourrons nous prélasser dans nos fauteuils en regardant le 55ème épisode de Dallas et connaître, enfin, le nom du voleur de chevaux. Elle est pas belle la vie !

J’ai parlé trop vite, un des messieurs de la queue qui en avait assez d’attendre vient de se faire heurter sur le passage clouté par une fourgonnette venue d’on ne sait où et qui n’a évidemment pas respectée la priorité piétons !

Ce pauvre monsieur est à terre et à l’air de terriblement souffrir. Est-ce la jambe, la cuisse, le fémur qui sont cassés ? On ne sait pas encore mais le patron du bar voisin vient de nous dire qu’il a appelé le Samu et que celui-ci ne saurait tarder.

Il est temps car le monsieur a l’air de peiner de plus en plus, et la petite troupe qui attendait l’autobus commence à se déchaîner sur le conducteur maladroit.

Les invectives pleuvant, l’homme est bousculé, chahuté, malmené et n’en mène pas large, c’est moi qui vous le dis.

Le SAMU arrive enfin, l’agent de service fait son apparition. Les témoins témoignent, les ambulanciers ambulancent et nous annoncent qu’ils emmènent notre blessé à l’hôpital Saint-Antoine. Le calme revient, l’autobus arrive enfin et nous voilà en route vers mon arrêt à Picpus.

Je suis encore toute bouleversée par cette vision d’un homme à terre et me réjouis lâchement de pouvoir me faire dorloter et consoler en rentrant par mon petit mari.

Hélas, hélas, l’accueil n’est pas du tout celui auquel je m’attendais, et au lieu de minauderies et autres balivernes, c’est un déferlement de reproches plus imbéciles les uns que les autres qui me tombent dessus. « C’est à cette heure-ci que tu rentres ? Ca ne te fait rien que je m’inquiète ? Où étais-tu passée ? Encore à discuter avec Ginette, la boulangère, ou Victor, l’épicier, comme d’habitude. Tu pensais sans doute que je serais là gentiment à t’attendre. Ne te tracasse pas trop. Puisque Madame en prend à ses aises, je vais en faire autant, Bonsoir ! » Et le voilà qui enfile son imper, remet ses chaussures, ouvre la porte et la claque. Je suis là, toute pantelante à me demander si mes cauchemars éveillés vont bientôt s’arrêter.

Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à verser toutes les larmes de mon corps, pour si peu en somme. Monsieur est fâché, tant pis. Il finira bien par rentrer et je pourrai alors lui expliquer la raison de mon retard. Mais raison et colère ne font jamais bon ménage. C’est comme le ciel bleu et l’orage, ils ne sont pas faits pour vivre ensemble.

Monsieur est enfin rentré à plus d’heure, mais moi je dormais du sommeil de la juste sur mes deux oreilles et ne me suis pas occupée de lui. Ce matin, avant de partir, seulement un petit bisou de rien du tout sur le bout de son nez et j’ai filé au travail.

Dans la matinée, je repense à ce monsieur blessé et peut-être tout seul à l’hôpital. Le pauvre. Et si j’allais lui faire une visite entre midi et deux heures. Saint-Antoine est à deux pas du bureau. Ni vu, ni connu, je serai de retour à 14 heures pour finaliser mon rapport sur les différentes identités des cancrelats. Pas de panique, allons-y. Sans rien dire à mes collègues, je marche jusqu’à l’hôpital Saint-Antoine, m’enquiert de Monsieur X. « Mais, si, vous savez le monsieur qui est arrivé par le SAMU hier soir vers 18H30 et qui avait sûrement une jambe cassée ». J’ai de la chance, la cerbère de l’accueil finit par me jeter le nom de Labely, chambre 312 au 3ème étage, sans ascenseur.

Je grimpe allègrement puis ralentit devant la porte 312. « Et, s’il n’était pas seul, et s’il n’aimait pas la visite, et s’il était endormi ? » Je frappe doucement et une agréable voix me dit d’entrer. Il est là, allongé sur le lit blanc, la jambe plâtrée de blanc sur fond de pyjama blanc. Seuls ses yeux noisette et sa chevelure auburn donnent un peu de couleur et de vie au spectacle.

Nos regards se croisent ! Lui, un peu interrogatif tout d’abord puis amusé en reconnaissant une des dames qui attendait l’autobus avec lui. Moi, fascinée par ces yeux amande et ces cils auburn presque noir et bien ourlés. Et ce sourire dans ses yeux et cette voix captivante qui me dit bonjour. Je suis sous le charme.

Nous sommes en plein enchantement. Nous ne voyons plus que nous, nous n’entendons plus que nos deux cœurs battre à l’unisson. C’est donc ça le coup de foudre !
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Chantal : Première fois

Publié le 15/12/2008 à 12:00 par synonymes
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La nuit douce et belle nous enveloppait délicatement. Blottie dans la charrette de vélo de mon père, je me parfumais du bien être de n’avoir pas à marcher, trop petite pour trottiner près des ainés. J’admirais la force physique de mon père, tirant la charrette à bout de bras, remplie des dernières affaires qui m’offraient un doux lit.

Le silence de toute la famille amplifiait la quiétude de la nuit. Oui, la nuit, je me souviens de la clarté de la nuit, la douceur, la tranquillité de cette belle nuit. Tout paraissait calme, serein, apaisé. Le souvenir de la journée m’échappe à grandes foulées. Seule la nuit hante ma mémoire. Les derniers instants dans le logis s’évaporent avec le fantôme de la maison. Tout est brouillard, le passé n’existe pas encore.

Je n’ai pas froid. Je suis bien et je ne suis pas bien. Je m’éveille au souvenir, et le silence se brise. Les ainés rouspètent intérieurement, la mère est l’ombre de la nuit, je ne la vois pas, mon image se crispe à l’imaginer, déjà je suis en guerre avec elle.

Je m’attarde à une seule scène immobile et charmante. Je construits la bulle de ce souvenir : mon père, moi et cette charrette. Nous oublions de bouger tout en bougeant, nous nous regardons sans nous voir, nous nous taisons pour caresser notre tendresse naissante. La charrette glisse délicieusement, les bosses de la route s’aplatissent à notre passage, le paysage ne défile pas, le temps ne respire plus, la soirée s’éternise dans la profondeur de mon admiration paternelle.

Mais une voix surgit de la profondeur de la nuit, une voix mécontente, maudissant cette ballade nocturne. Je connais déjà cette rengaine. Elle me fait peur, je me réfugie dans le fond de la charrette en prenant soin que mes yeux ne s’éloignent pas de mon père. Il sourit, il se moque de l’intonation, il a obtenu ce qu’il voulait : partir de la maison. Il accomplit ce soir son rêve, alors les anges chantent dans sa tête et il s’invente une famille heureuse.

La voix se tait peut être, je ne sais plus, mais le charme de la soirée s’évapore. Je suis dans la nouvelle demeure. Elle est grande, trop grande, non, pas encore. Les travaux n’ont pas commencé et ne s’arrêteront jamais. Le confort est précaire, et le restera. Les locataires quitteront lentement notre foyer, le jardin s’embellira, royaume et refuge de mon père. Les soucis s’accumuleront et s’oublieront dans une autre maison.

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Chantal : Texte personnel

Publié le 15/12/2008 à 12:00 par synonymes
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HERITAGE

La bataille a commencé
Chacun veut sa part
Chacun veut la meilleure part
Chacun veut le plus possible

Un air triste survient
Une nostalgie apparait
Un regret s’installe
Une ombre s’attarde

Le feu des déchets débute
Le tri envahit les tiroirs
La désertisation des étagères démarre
Les tas s’empilent sans gène

Un air triste survient
Une nostalgie apparait
Un regret s’installe
Une ombre s’attarde

La maison se vide peu à peu
Le linge se répartit sans remords
Les babioles se dispersent rapidement
Les meubles prennent de nouvelles destinations

Un air triste survient
Une nostalgie apparait
Un regret s’installe
Une ombre s’attarde

Certains objets disparaissent sans autorisation
Chacun entame sa stratégie secrète
Les poches se remplissent discrètement
Les regards furètent doucement

Un air triste survient
Une nostalgie apparait
Un regret s’installe
Une ombre s’attarde

Les pièces sont chargées d’histoires
Les mémoires s’affrontent
Les cerveaux se délectent du passé
Chacun veut obtenir les souvenirs

Un air triste survient
Une nostalgie apparait
Un regret s’installe
Une ombre s’attarde

Les petites phrases piquantes se décoincent
Les grimaces se figent sur les visages
Les corps se crispent dans le silence
Et, la colère surgit

Un air triste survient
Une nostalgie apparait
Un regret s’installe
Une ombre s’attarde

La demeure est devenue bordélique
Leurs objets sont devenus les nôtres
Leurs affaires s’installent avec les nôtres
Tout devient étrange

L’ombre vadrouille dans son jardin
Il regarde avec amour son atelier de bricolage
Il s’attarde devant sa cheminée préférée
Puis, il part sans se retourner

Il nous laisse là avec nos querelles d’enfants gâtés
Il nous abandonne dans notre délectation de fouineur
Il s’échappe de nos courroux haineux envers nos sœurs et frères
Il rejoint la paix de son royaume de ténèbres

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Monique : Un moment d'animal

Publié le 23/11/2008 à 12:00 par synonymes
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La petite renarde

Depuis quelques jours, mes frères et moi découvrons le monde. Maman nous a autorisés à sortir de la tanière, mais toujours quand elle est présente. Quand elle part à la chasse, elle nous recommande de ne pas sortir. Ce matin, maman est sortie très tôt. Nous trouvons que cela dure depuis très longtemps. Mes frères chahutent et s’impatientent. Le plus jeune s’approche de plus en plus de l’entrée. Je lui dis de revenir, mais il me repousse en me disant que lui sera grand un jour, et qu’un grand renard n’a jamais peur.

Et puis il sort au soleil du matin. Nous le suivons, sans nous presser, espérant qu’il fasse demi-tour. Nous sommes dehors, éblouis. La clairière est accueillante, nous sautons partout. De nouveau mes deux frères se bousculent, chahutent… Je les suis un peu inquiète. Quand je me retourne, je ne vois plus le petit monticule qui cache l’entrée de la tanière. J’essaie de nouveau de leur parler. Ah ! là ! là ! ces garçons qui n’écoutent pas et qui ne pensent qu’à se bagarrer. Je veux les persuader que maman sera bientôt de retour et qu’elle sera très inquiète. Maintenant, je ne sais plus si nous nous éloignons ou pas de chez nous.

Mes frères s’amusent et font de petits piaillements.
- Chut ! Vous allez attirer toutes les bêtes féroces de la forêt !
- Mais non ! C’est nous les plus féroces !
- Mais, si ! Maman m’a parlé de la fouine et m’a dit qu’elle dévorait les renardeaux !
Mes frères rient de plus belle.
J’ai faim. Je voudrais rentrer, mais je suis perdue. Je suis fatiguée, je voudrais dormir, mais j’ai peur que mes frères s’éloignent et que je me retrouve seule au milieu du bois.

Tiens ! Un oiseau ! Il est tout petit ! Mais moi aussi, je suis petite ! Je vais imiter maman.
Doucement, je m’aplatis dans l’herbe et observe l’oiseau qui boit dans une petite flaque entre deux racines d’arbre. Et puis j’avance une patte, puis une deuxième… Je ne bouge plus. L’oiseau fait sa toilette, s’ébroue dans l’eau. Je couche un peu plus mes oreilles. Je tends le cou, je perçois son odeur… Hum ! J’ai faim.

J’avance de nouveau une patte, puis une autre… Hum ! J’en ai l’eau à la bouche ! Je replie mes pattes arrière, m’apprêtant à bondir. Un instant encore je reste immobile et … je me détends, essayant un grand bond pour l’attraper ! Quand, une tornade rousse s’abat sur moi ! Ce sont mes frères ! Je heurte mes frères en plein saut ! Nous tombons sur le sol tous en tas ! Moi dessous à moitié assommée, une patte un peu tordue, mes deux frères couinant de rire.

Et, l’oiseau dans tout ça ? Quand j’ai crié de douleur, j’ai ouvert ma gueule et il s’est envolé ! Je suis dépitée.
Je me redresse. Aïe ! Ma patte me fait très mal. Quand je l’explique à mes frères, ils arrêtent de rire. Ils savent qu’il y a danger. Il faut vite retrouver maman. Mon grand frère part en avant pendant que l’autre m’aide à marcher en me soutenant, me poussant, me tirant. Je suis épuisée. Je ne veux plus avancer. Je pleure. Je me couche sur le sol.

Mon frère cherche un endroit où me cacher sous une souche. Il y entasse des feuilles mortes. Je suis bien installée. Il commence à me recouvrir de feuilles. Quand, tout à coup, mon grand frère reparaît en courant, accompagné de maman qui a l’air très inquiète. Elle fronce les yeux en nous regardant. Je crois qu’elle va nous gronder et peut-être nous punir.

Maman me prend par le dos et, suivie par mes deux frères silencieux, nous rentrons à la tanière.
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Marie : Un moment d'animal

Publié le 21/11/2008 à 12:00 par synonymes
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C’était le soir, la nuit froide avait posé son voile de deuil sur notre terre. Mon petit-fils dormait déjà, aplati telle une carpette. Sa respiration bruyante brisait le grand silence qui nous entourait, mes enfants, petits-enfants et moi-même.
J’essayais de trouver ma position pour accéder à un peu de repos. En effet, j’étais fourbue après ces kilomètres de randonnée parcourus tout l’après-midi sous un soleil de plomb. Je me détendais enfin, ayant étanché ma soif et déplié mes grandes pattes.

C’est alors que Joliette, ma petite fille, s’approcha de moi à pas de kangourou.
"Dis, grand-mère Badoum, c’était comment quand Papa était dans ta poche ?"
Je pris alors Joliette tout contre mon flanc et lui racontai comment Zoch avait pris définitivement son indépendance.
"C’était il y a fort longtemps. J’étais jeune, belle, mon pelage était légèrement doré et mes dents habitaient encore dans ma bouche ! Nous nous aimions avec Kaziou ton grand-père. Un beau matin, je lui annonçai que ma poche abriterait bientôt un tout petit habitant. Tu imagines... comme il a sauté de joie !"

Joliette me regardait avec ses grands yeux de biche, ses longs cils balayant ma main qui la caressait.
"Alors il était content d’avoir un enfant, dit-elle ?
- Bien sûr ! Et ce fut la même émotion pour chacun de tes oncles et tantes. Au fil des jours, Zoch prenait des centimètres et des grammes. Il restait bien au fond de ma poche, cette enveloppe douillette et sombre lui permettait de se fortifier semaine après semaine. Je le sentais prendre des forces mais je n’avais pas encore vu ni son petit museau ni ses fines oreilles si pointues. Tu ne trouves pas que ton papa a des oreilles comme deux fins poignards sur la tête ?
- Ah si, dit la petite, c’est pour ça qu’il est le plus fort pour entendre les ennemis s’approcher !
- Tu vois ma belle, il nous protège !
- Mais alors, reprit Joliette, comment ça fait quand on le voit enfin ?
- Et bien un jour, je m’en souviens très bien, je ramassais quelques baies pour le dessert, je sentis que ce petit grimpait plus hardiment le long de la paroi intérieure de ma poche. En réalité ça chatouillait un peu ! Et je vis alors sa toute petite tête, ses yeux éblouis par la lumière. Il se tenait là, avec ses minuscules pattes au balcon de la vie. Il ne resta que quelques secondes, effrayé par la luminosité et le bruit. Tu sais, c’est un événement pour une femelle que de voir ce petit être transformer ta vie en vie de mère. Tu ressentiras cela toi aussi un jour. C’est notre force à nous, femelles, par rapport aux mâles ! Les mois qui s’écoulèrent furent une série d’expériences cocasses et parfois stressantes car très vite Zoch prit de l’assurance, et avec son esprit vif et curieux, il voulait découvrir le monde. J’ai essayé de lui donner confiance, mais aussi de le protéger. Plus d’une fois, je le vis rappliquer à toute vitesse au fond de sa tanière ; ma petite poche était devenue grande. Et un jour, il n’est plus revenu se réfugier. Il était trop grand, et voulait vivre loin de nous. Toi aussi tu le feras. Il est allé très loin, mais un jour est revenu, et cette fois c’est toi qui pointais ton museau en haut de la poche de Zenia, ta maman."

Je venais de m’apercevoir qu’elle dormait à poings fermés, et, serrées l’une contre l’autre sous les étoiles, je réalisai que je venais de passer le relais.
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Monique : Une première fois

Publié le 21/11/2008 à 12:00 par synonymes
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Je me souviens.
Nous habitions une petite maison à Puteaux, le long de la ligne de chemin de fer, dans ce quartier aux allures presque campagnardes qui, quelques vingt ans plus tard, deviendra le très célèbre quartier des affaires de La Défense.
Je vivais là, avec ma mère, son mari et ma petite sœur Sophie issue de ce second mariage.
C’était le temps de l’adolescence, avec toute son inconscience et toute ma naïveté. Je venais d’entrer au lycée. La maison n’était pas grande, mais avait son grand jardin et un beau cerisier où je montais me gaver de fruits juteux et croquants. Les groseilles et cassis n’échappaient pas à ma gourmandise. Il n’y avait pas tout le confort, mais j’y étais bien.
Depuis quelques mois, les discussions entre ma mère et mon beau-père tournaient toujours autour de l’expulsion. Nous devions partir. La maison avait été rachetée par l’EPAD et, dans une année, serait rasée.

Mes parents recherchaient un nouveau logement, hésitant entre une nouvelle location et un achat. Tous les weekends, ils prospectaient dans notre ville ou les communes avoisinantes. Je me souviens de ce dimanche quand ils sont rentrés, ils semblaient heureux, pensant avoir trouvé une maison dans un nouveau lotissement en construction. Ils m’ont expliqué ce qu’ils avaient vu, me montrant sur les plans, la chambre que je partagerai avec ma petite sœur de dix ans ma cadette. Tout semblait très simple et s’annonçait très bien. Le dimanche suivant, nous allâmes, tous en famille, nous promener autour du chantier, me montrant la maison presque terminée ! Qu’elle était belle ! Je me réjouissais avec eux.

Mes parents se rendirent au bureau de vente pour signer et préparer le dossier de financement. Je me souviens, j’étais impatiente de leur retour. Nous allions habiter une belle maison avec tout le confort.
Quand ils rentrèrent, ils étaient tristes. Ce n’était pas possible. Je ne comprenais pas. Alors ils m’expliquèrent qu’ils ne pouvaient pas demander le prêt des allocations familiales. Pourquoi ? J’avais quinze ans, il fallait une chambre par enfant. Donc, une maison plus grande qui dépassait leur budget. J’étais atterrée, ne comprenant pas. C’est alors que ma mère me dit : « Tu vois, si tu n’étais pas là, on pourrait acheter cette maison. »
C’était un jour de 1967.
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Sylvie : Texte personnel

Publié le 29/10/2008 à 12:00 par synonymes
Ils sont venus les temps des verbes

C’était il y a très, très longtemps, le temps mesuré, compté, répertorié n’existait pas. Bien sûr il existait, mais personne n’était là pour le disséquer en seconde, minute, heure, jour, semaine année, etc. En fait, le temps avait tout son temps. Mais c’était il y a très, très longtemps.

Voyez, maintenant, je vous parle du temps qui passe inexorablement et que rien ne peut retenir. Dès que j’écris quelque chose, dès que je fais quelque chose, ce n’est plus du présent c’est déjà du passé.

Il a donc pour commencer le passé simple. Pourquoi le passé serait-il simple ? Moi je suis désolée, mais dans mon passé il n’y a pas eu que des choses simples. Alors on pourra me rétorquer que je n’ai qu’à écrire au passé composé. OK, OK, mais composé de quoi ou de qui d’ailleurs.
S’il est composé de qui, les gens de ma famille par exemple, il est vraiment très composé car nous sommes une grande famille.
S’il s’agit de quoi on peut penser aux mots composés. Mais là il y en a beaucoup et les citer tous serait fastidieux.

Il paraît aussi qu’il y a le passé antérieur. Il se produirait donc des choses avant d’autres dans le passé. Cela devient bien compliqué. Moi j’aime les choses claires et nettes, et puis ce qui s’est passé antérieurement à une autre chose cela ne m’intéresse pas. Si c’est du passé, on ne peut plus rien y changer, alors…

Alors il y a un peu de présent, beaucoup de passé, et il y a aussi l’imparfait. Mais « imparfait » quel drôle de nom pour un temps. Le temps du présent était-il donc si mauvais que l’on puisse dire presque instantanément qu’il est imparfait. Et puis quels sont ces critères de jugement ? Moi, je ne trouve pas du tout que ce qui était avant le présent soit imparfait. Il y a des choses, des pensées, des gens que j’aimais bien dans ce que l’on appelle l’imparfait.

Evidemment pour les être supérieurs, il y a le plus-que-parfait, mais celui-là je n’en parlerai pas car je ne me sens pas du tout supérieure et je suis loin d’être parfaite. Mes proches pourront d’ailleurs vous le confirmer. Et puis d’ailleurs il paraît que ce temps de verbe exprime une action passée, antérieure à une autre action passée. Cela fait deux passés pour moi, mais pas un plus-que-parfait. Enfin, comment voulez-vous que je comprenne, moi qui ne pense qu’à l’avenir ?

Et puis d’ailleurs je comprends de moins en moins puisque l’on a le présent, avant l’imparfait et encore avant le plus-que-parfait. Comment quelque chose qui est plus-que-parfait a-t-il pu devenir imparfait en se rapprochant du présent ? Avouez qu’il y a de quoi se perfectionner dans l’emploi des temps. Quant au parfait ce serait, paraît-il, le temps du verbe qui marque un état présent résultant d’une action passée. Je suis désolée, mais pour moi tout ceci est trouble, indigeste, à la limite barbare.

Pour le moment, je n’ai écrit que sur le temps grammatical indicatif. Si je me souviens bien de ce que j’ai appris à l’école, il y a d’autres temps grammaticaux comme le conditionnel présent par exemple.

Comment un fait, un geste, une pensée peuvent-ils être conditionnels puisque l’on n’est pas vraiment sûr que cela arrivera et, en plus, on dit le conditionnel-présent. Ah, la langue française ! Je comprends pourquoi tant de gens ont du mal à la parler correctement.

Je ne m’exprimerai pas non plus sur le subjonctif présent ou imparfait, puisque cela implique, implicitement, l’emploi du verbe falloir. « Il faut que je dorme ». C’est bien gentil il faut que, moi je voudrais bien dormir, mais tous ces temps qui se ruent sur mes pauvres neurones à la vitesse de l’éclair m’empêchent de dormir. Je ne peux pas essayer de comprendre le sens des temps et dormir en même temps. Moi en tout cas, je suis comme ça.

Pour ceux qui ne sont pas timorés, ni trouillards, ni indécis, il y a bien sûr, l’impératif. Ah ! quel beau temps que celui du commandement.

Partez, haïssez, dormez, sans état d’âme, voilà donc le temps qu’il me fallait pour dormir. Je commande à mon cerveau de dormir et hop, çà y est, je suis au pays des rêves. Cela serait trop beau !

Il y a encore le participe présent qui finit toujours par ANT. Pourquoi dit-on participe présent-ENT et que les verbes, eux, se terminent par ANT. C’est vraiment trop embêtant.

Pour en finir avec les temps grammaticaux, terminons avec le participe passé. Non seulement il a participé, mais là encore il s’agit du passé.

Eh bien, moi, je dis NON. Assez du passé, assez du présent qui ne dure qu’un instant. Je veux, je dois, je vais vers le futur, vers l’avenir pour retrouver le temps d’écrire.

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Monique : Poème personnel

Publié le 29/10/2008 à 12:00 par synonymes
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Le jardin de Mélodie

Toi, l'ami qui vient me lire,
Ici, tu es libre.
Tu peux juste passer le long de la clôture,
Entrouvrir la petite porte,
Ou bien venir t'asseoir sur le banc
Et t'imprégner des senteurs fleuries
des arbres de l'amour et de l'amitié,
aux fleurs parfumées
De tendresse, de plaisir et de douceur.
Reste, je te rejoindrai
à l'ombre des arbres
pour te donner la quiétude et la sérénité,
et si tu es bien, accepte quelques fleurs...
Mon ami Sophocle,
ici tu verras comme
"il est doux de perdre la conscience de tes malheurs",
dis moi quand tu seras de passage !
Juste un signe qui sera
une graine de bonheur dans mon jardin !
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